Artistes

Steve REICH

Steve Reich, compositeur et « performer », est l’un des représentants les plus marquants de la nouvelle musique américaine d’après John Cage.

Après des études de philosophie et notamment une thèse sur Ludwig Wittgenstein, il suit de 1958 à 1961 des cours de piano, de percussions et de composition à la Julliard School of Music où il rencontre Art Murphy et Philip GLASS. Il parfait ensuite son apprentissage au Mills College d’Oakland (Californie) auprès de Darius MILHAUD et Luciano BERIO. A l’époque où le sérialisme est un modèle en matière de composition, Steve Reich affirme un attrait pour le rythme et la tonalité, mûri par ses contacts avec la musique africaine et le jazz modal de John Coltrane.

Qu’elles soient pour bandes magnétiques ou pour instruments traditionnels, les œuvres de Steve Reich sont basées sur des interférences créées par le déphasage progressif de plusieurs séries d’un même motif répété. Ces combinaisons sonores en constante transformation confèrent à sa musique un caractère obsessionnel qui fait perdre à l’auditeur le sens du temps et de la durée. La pièce Music for Eighteen Musicians, qu’il compose en 1976, rassemble l’ensemble des techniques employées par Reich sur le rythme et la variation du timbre.

Steve Reich rencontre Terry Riley

Steve Reich rencontre Terry Riley à l’été 1964, et participe à sa création mondiale In C, considérée comme l’une des premières compositions importantes du courant minimaliste. Au-delà de sa participation à l’exécution, Reich apporte également sa contribution à l’écriture de cette pièce en suggérant à Riley d’utiliser une pulsation fixe. Il compose ensuite ses deux premières œuvres reconnues, It’s Gonna Rain (1965) et Come Out (1966). Alors considérées comme expérimentales, elles sont effectivement en partie le fruit d’un hasard technique lui faisant découvrir le principe duphasage/déphasage. Ces deux pièces sont également le reflet d’une conscience politique notamment en faveur du mouvement des droits civiques aux États-Unis et du danger de l’escalade nucléaire. En septembre 1965, il retourne à New York, s’installe dans le quartier de TriBeCa, et fréquente de nombreux artistes du mouvement minimaliste comme Robert Rauschenberg, Sol LeWitt, et Robert Smithson. En 1968, il écrit son essai Music as a Gradual Process qui paraîtra l’année suivante et sera intégré dans le catalogue d’une grande exposition minimaliste au Whitney Museum. Steve Reich collabore en 1969 avec Philip Glass et Moondog dans leur démarche commune de créer un fort mouvement musical minimaliste, initié quelques années plus tôt. Il poursuit toujours son apprentissage musical, en particulier des percussions africaines, auprès de Gideon Alorworye à l’Institut d’études africaines de l’Université du Ghana à Accra où il passe l’été 1970. À son retour, influencé par son expérience, il compose Drumming, pièce pour percussions qui met en application ses recherches théoriques et pour l’exécution de laquelle il fonde son propre ensemble appelé Steve Reich and Musicians. Il entreprend ensuite l’étude du gamelan indonésien, cette fois-ci à Seattle et en Californie, notamment avec Nyoman Sumandhi de 1973 à 197417.

Parallèlement à cet apprentissage, il compose une œuvre originale basée sur la technique de la répétition et l’utilisation de bruits de la vie quotidienne. Il ne délaisse pas pour autant les instruments traditionnels pour lesquels il compose de nombreuses pièces instrumentales ou orchestrales. Son œuvre devient internationalement reconnue dès 1971, avec l’enregistrement de Drumming chez la Deutsche Grammophon, faisant de lui une des figures de la musique contemporaine américaine et, particulièrement, de l’école de la musique dite répétitive, aux côtés de Terry Riley et Philip Glass. Il obtient alors une résidence à Berlin en 1974, se produit fréquemment avec son ensemble, obtient des commandes de composition, et publie Writings About Music, une somme théorique de ses techniques de composition et de leurs perspectives. Il rencontre également cette année-là la plasticienne Beryl Korot, se produisant à The Kitchen, qu’il épouse le , dont il aura un fils, Ezra Reich, en 1978, et avec laquelle il ne cessera dès lors de collaborer.

  • 1964 : Participe à la création de la pièce répétitive In C de Terry Riley qui influence fortement son approche de la musique répétitive.
  • 1970 : Se rend au Ghana et pratique la percussion africaine.
  • 1973: Entreprend l’étude du gamelan indonésien.
  • 1986: Le Lincoln Center de New York programme un festival “Tout Reich” dans lequel est créée la pièce New York Counterpoint.
  • 1993 : Compose son premier opéra, The Cave.
  • 2011 : Création de WTC 9/11, en commémoration des attentats contre le World Trade Center.

Ses principales oeuvres sont les suivantes:

  • 1965 : « Its’ gonna rain» pour bandes magnétiques
  • 1971-1972 : « Drumming » pour percussions et voix
  • 1974-1976 : « Music for Eighteen Musicians » pour ensemble et voix sans paroles
  • 1985 : « New-York counterpoint » pour clarinette et bande ou ensemble de clarinettes
  • 1988 : « Different Trains » pour quatuor à cordes et bande magnétique
  • 1995 : « City Life » pour instruments et sampler

Il a été récompensé des distinctions suivantes:

  • Promu au grade de commandeur dans l’ordre des Arts et des lettres (1999)
  • A reçu le prix Pulitzer pour Double Sextet en 2009
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A propos de … Clément Privolt

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