Artistes

Terry RILEY

Les débuts

Terry Riley, né à Colfax, Californie, en 1935.

Capable de jouer l’hymne de la Marine pour son père, mobilisé en 1941, le jeune garçon  passe de longs moments a travaillé le piano. Sa mère lui fait suivre des cours de piano à partir de 1943/44. Son professeur l’initie à la musique classique occidentale au travers de petites pièces de Bach. Au lycée à San Francisco, il s’initie aux compositeurs contemporains. A cette époque, Terry Riley réalisera ses premières pièces.

En 1959, il entre à l’Université de Berkeley, où il fait la connaissance de La Monte Young. Young lui fait découvrir John Coltrane. Il se plonge avec intérêt dans l’avant-garde du jazz (Coltrane, Sonny Rollins et Thelonious Monk). Terry Riley est également fasciné par les pièces pour piano d’Arnold Schoenberg. La musique sérielle semble alors aussi offrir un formidable espace de liberté. Au début des années 60, Terry Riley joue régulièrement au sein du Theatre of Eternal Music de La Monte Young. Puis il forme un groupe d’improvisation avec Pauline Oliveros et Loren Rush avant de partir en Europe.

La musique minimaliste répétitive

Parallèlement, il expérimente l’utilisation des bandes magnétiques, notamment avec l’australien Daevid Allen (ami de Robert Wyatt et futur fondateur du groupe Gong). A Paris également, Terry Riley collabore avec Chet Baker. Sur Music for the Gift (1963), il accompagne le trompettiste avec un montage sur bandes mises en boucle de sons (trombone, basse, batterie, sons concrets, voix). Riley développe progressivement un mode de composition et d’improvisation basé sur la répétition de courtes cellules mélodiques. En 1964, il compose In C. Si La Monte Young est le pionnier de la musique minimaliste, avec In C Terry Riley devient le fondateur reconnu de la musique minimaliste dans sa tendance répétitive.

Selon Terry Riley « tous les interprètes jouent la même partition de 53 motifs à répéter (…). Chaque interprète a la liberté de choisir le nombre de répétitions avant qu’il ne passe au motif suivant. Aucune règle ne fixe le nombre de répétitions ». Jon Gibson et Steve Reich participent à la première en novembre 1964.

Terry Riley crée Poppy No Good and The Phantom Band (1967) pour saxophone, orgue et dispositif à bande magnétique (« tape delay ») et Rainbow in Curved Air (1969) pour orgue électronique en re-recording. A la demande du Philadelphia College of Art, vers 1967/1968, il réalise un concert d’une nuit, seul à l’orgue et en Delay.

1970

Terry Riley renouvelle ces performances au cours de la tournée Intermedia’68 et les années suivantes. Sur Persian Surgery Dervishes (1972) figurent deux longues performances live de ce type, l’une à Los Angeles en 1971 et l’autre à Paris en 1972. Au cours de la tournée Intermedia’68, John McClure et David Behrman, de la maison de disque Columbia, lui proposent un contrat et publient plusieurs de ses œuvres. Jusqu’à là Terry Riley et la musique minimaliste restaient confinés à « l’underground ».

De plus, en 1970 il enregistre l’album « pop » Church of Anthrax avec John Cale, du Velvet Underground. Terry Riley avait fait la connaissance de John Cale lors de leur participation au Dream Syndicate de La Monte Young. Le disque « Church of Anthrax » a été récemment édité en CD par Table of Elements. Terry Riley a également composé deux musiques de film : Happy Ending / Les Yeux fermés de Joël Santoni (1972).

A la fin des années 70 paraît Shri Camel, comportant des compositions pour synthétiseur solo. « Shri Camel » a été utilisé par Robert Ashley pour son film « Music with Roots in the Aether ». Terry Riley approfondit sa connaissance des musiques orientales en effectuant plusieurs voyages en Inde. Il devient un disciple de Pandit Prân Nath, maître du Kirana (Inde). Il l’accompagne fréquemment lors de concerts (tampura, tabla ou chant).

1980

Riley se consacre également à l’enseignement de la musique indienne au Mills College d’Oakland. Il y rencontre David Harrington le fondateur du Kronos Quartet. Une longue collaboration avec le quatuor commence alors, ponctuée de plusieurs compositions, dont Cadenza on the Night Plain (1985) Salome Dances for Peace (1989) et Requiem for Adam (2001). Terry Riley s’est lui-même tourné vers une musique plus acoustique, délaissant l’orgue pour le piano et le sitar. En 1989, il créa le New Performance Ensemble Khayal, formation orientée vers la musique improvisée instrumentale et vocale. Sur The Padova Concert, il joue sur un piano accordé selon les principes de l’intonation juste initiés par La Monte Young.

Sri Moonshine

Terry Riley a fondé son propre label, Sri Moonshine, du nom de son ranch situé dans les montagnes de la Sierra Nevada en Californie. La première publication de Sri Moonshine est l’album Atlantis Nath (né sous l’impulsion de Michel Redolfi, festival MANCA à Nice) en 2002. Terry Riley a composé de nombreuses pièces pour ce festival de 1992 à 1998 révélant un nouveau Riley : un créateur « maximaliste » encore inconnu du grand public ». Atlantis Nathse révèle ainsi comme l’un de ses albums les plus variés où longs soli de piano côtoient chant raga, synthé planant où orchestral. Il révèle aussi un Terry Riley dont le chant rappelle étrangement celui de Robert Wyatt.

A propos de … Remi Santiard

One Comment

  1. Oui ! Steve Reich était pianiste pour la première de In C, ce qu’il n’a jamais voulu mentionner dans son parcours “ minimaliste“… d’où une légère brouille entre les 2 compositeurs.
    Merci de mentionner Atlantis Nath : Terry avait adoré l’album que j’avais réalisé avec Frank Royon Le Mée, découvert à l’occasion d’un concert en effet programmé aux Manca par M. Redolfi. Il m’a demandé si l’on pouvait collaborer sur un nouveau projet, son premier album chanté. C’est Atlantis Nath que j’ai entièrement réalisé, co-composé et co-arrangé (modestement). C’est l’album préféré de son fils Gyan, l’un des meilleurs guitaristes de sa génération et qui a longtemps travaillé avec… steve Reich.

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